En Europe, le théâtre iranien reste mal connu. Nous avions découvert, avec enthousiasme, lors d’éditions précédentes du Festival, La maison de Bernarda Alba mis en scène par Roberto Ciulli avec des comédiennes iraniennes, le spectacle des
«ouvriers de joie», autrement dit des comédiens improvisateurs du Siah Bâzi. Cette fois, le Festival accueille une pièce écrite et mise en scène par Ali NargesNejad sur un plateau presque nu. Une pièce nourrie de croyances ancestrales et de modernité, de social et d’amour fou (filial et marital). Pendant qu’un homme est en train de réparer un lavabo se joue le drame de son couple et de sa famille : le sang qui coule dans les veines de sa petite enfant est un mauvais sang. Un sang malade qu’il faut transfuser, pour sauver le bébé. Sa femme veut se sacrifier, offrir son sang à la chair de sa chair, au risque de sa propre vie. Il lui rappelle une tradition. Il suffit qu’elle aille dans la montagne tuer un sanglier, et grâce au sang de la bête sauvage, l’enfant sera guéri. Pour l’homme tout vaut mieux que la mort de celle qu’il aime. Tout. Car en envoyant son épouse dans la nature combattre la bête sauvage, il a une autre idée en tête. Une idée d’infanticide. Qui sauvera la vie de sa femme. Dans cette histoire de mise à mort, de confrontation entre deux types de médecine – l’une traditionnelle, l’autre moderne – interviendra De’ena, l’incarnation de la conscience. Mais arrivera-t-elle à temps ? Réussira-t-elle à sauver un amour mis en péril par la maladie et le décès d’une enfant ?
Ecriture, mise en scène et décor : Ali NargesNejad – Assistante : Bahar Mirzohreh – Interprétation : Forouzan JamshidNejad, Shima JamshidNejad, Hossein Kashfi Asl – Supervisor : Dr. Farhad Mohandespour – Un spectacle du Chisty Theatre Group. Photo : Neil van der Linden.
En Communauté française
10 février 09 / KVS, Bruxelles