Palerme n’est pas l’unique endroit de Sicile où la Mafia étend ses tentacules meurtriers. Dans le petit village sicilien où Vincenzo Pirrotta a grandi, elle est là aussi qui répand son venin de violence physique et symbolique. Le sang versé irrigue la terre séchée et la pensée mafieuse nourrit les façons de vivre et de penser des plus honnêtes citoyens, jusqu’aux enfants qui rêvent de parler le langage des armes, d’être, un jour, « initiés ». Certains d’entre eux le seront. Toujours pour le pire ; jamais pour le meilleur. Ainsi le mafieux qu’a imaginé et que joue Vincenzo Pirrotta, artiste de la même veine que sa compatriote et amie, Emma Dante. Un mafieux en fuite, retiré dans son bunker. Il se souvient de sa vie, des crimes auxquels il a participé, d’un homme jeté vivant dans l’acide. Il égrène un rosaire d’un type bien particulier : un Mystère de la douleur alterne avec un hymne de la joie, la passion du Christ avec celle des victimes de la mafia. Pour dire ces atrocités, Vincenzo Pirrotta a ciselé une langue sicilienne rêche, rythmique, rythmée par les battements des percussions ; pour la montrer, il a son visage, ses yeux où se concentre l’horreur même de cette histoire sans fin…
« … Parmi les spectacles forts du Festival de Palerme 2006, épinglons la nouvelle création de Vincenzo Pirrotta... Un spectacle cruel et nécessaire, qui devrait être vu dans les écoles, pour révéler à tous en quoi consiste la force de la mafia. » Gianfranco Capitta, Il Manifesto, 2006
Ecriture, mise en scène et interprétation : Vincenzo Pirrotta – Musique live : Giovanni Parrinello – Lumières : Alessandro Conte – Assistant : Luca Mauceri – Production : Esperidio et le PalermoTeatroFestival 2006 – Photo : Massimo D’Aleo.
En Communauté française
23 janvier 09 / Festival Paroles d’Hommes, Herve
27 et 28 janvier 09 / L’ANCRE, Charleroi